Atlas of Genetics and Cytogenetics in Oncology and Haematology
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Consanguinité
I- DEFINITION
II- COEFFICIENT DE CONSANGUINITE D'UN INDIVIDU
II-1. FORMULATION
II-2. FORMULE GENERALE
III- CONSANGUINITE D'UNE POPULATION
IV- AUTOFECONDATION
V- GENERALISATION
V-1. FREQUENCES GENOTYPIQUES A l'EQUILIBRE
V-2. PROPRIETES de la CONSANGUINITE
VI- POPULATION HUMAINE
VII- CONSEIL GENETIQUE
VIII- ALLELE RARE - ALLELE FREQUENT
VIII-1. EXERCICE
VIII-2. CONSEQUENCES PRATIQUES
IX- CONSANGUINITE - HETEROZYGOTIE - LIGNEE ISOGENETIQUE
X- SYSTEME MULTIALLELIQUE
X-1. EXERCICE
*
I- DEFINITION
Un sujet est en situation de consanguinité si pour un locus
donné, il possède deux allèles identiques, par copie
d'un seul et même gène ancêtre.
Le coefficient de consanguinité (Cc ou F) est la probabilité
pour que les deux gènes allèles que possède un individu en
un locus donné soient identiques par descendance.
--> cela suppose un ancêtre (A) commun aux parents P et M de l'individu I étudié.
II- COEFFICIENT DE CONSANGUINITE D'UN INDIVIDU
II-1. FORMULATION
En premier, recherche sur l'arbre généalogique de l'ancêtre commun (ou des ancêtres communs).
Puis, calcul des probabilités; exemple:

Figure 1
A possède les allèles a1 et a2. Il transmet aux arrière
grands parents AGP:
soit des allèles identiques (a1 et a1 ou: a2 et a2) --> proba: 1/2
soit des allèles différents (a1 et a2 ou: a2 et a1),
mais... si A est lui même consanguin (avec un coefficient de
consanguinité FA), a1 et a2 ont alors une probabilité FA d'être identiques, et il transmet a1 et a2 avec une proba 1/2, soit FA x 1/2
Au total, A transmet l'identité avec une proba: 1/2 + 1/2 FA, soit: 1/2 (1 + FA)
Note: FA peut être égal à zéro
Chaque génération i a une proba 1/2 de transmettre cet
allèle à i+1; donc une proba (1/2)n au bout de n
générations; soit (1/2)p pour aller de AGP1 à I
et (1/2)m pour aller de AGP2 à I, si p et m sont les
nombres de chaînons reliant, respectivement le père et la
mère à l'ancêtre commun (ici p = m = 3)
Donc: FI = (1/2)p+m+1(1+FA) ...
Et, pour plusieurs ancêtres communs (non consanguins entre eux), une
sommation S, addition des différentes consanguinités,
nous donne la:
II-2. FORMULE GENERALE: FI = S(1/2)p+m+1(1+FAi)
Note: FA est négligeable chez l'homme et au niveau de l'individu,
mais ne l'est pas forcément chez la drosophile, surtout au niveau d'une population entière.
Les études de généalogie sont indispensables pour
quantifier la consanguinité; voir:
Généalogie et
Coefficient de Consanguinité, Exercices
III- CONSANGUINITE D'UNE POPULATION
Le coefficient moyen de consanguinité est égal à la
moyenne pondérée des différents coefficients individuels
par les fréquences des différents types de croisement entre
apparentés.
Pour l'évaluer, on inventorie les individus des différents types
de croisement entre apparentés, et on les classe d'après la
valeur de Fx.
FORMULE a = S Fifi si fi est la fréquence des
sujets de consanguinité Fi.
Exemple: soit une population dont 6% sont consanguins, parmi lesquels: 2.5%
ont un F = 1/8; 2% un F = 1/16, et 1.5% un F = 1/32; quelle est la
consanguinité de cette population?
Réponse: a= (2.5 X 1/8) + (2 X 1/16) + (1.5 X 1/32) =
0.484%
IV- AUTOFECONDATION
C'est la fécondation exclusive de chaque génotype par lui
même (situation possible chez le mais, pas chez la drosophile, ni chez l'homme).
Soit une population de plantes, sous HW en Go, que l'on met ensuite en
situation d'autofécondation:
| | AA | | Aa | | aa |
| Go | 0.25 | | 0.50 | | 0.25 |
| autofécondation | AA | AA | Aa | aa | aa |
| | X 1 | X1/4 | X1/2 | X1/4 | X1 |
| G1 | 0.25 | 0.125 | 0.25 | 0.125 | 0.25 |
| | AA | | Aa | aa | etc... |
Quelle est la fréquence Hn des hétérozygotes à la
génération n?
Hn = 1/2 Hn-1 --> Hn = (1/2)nHo; tend vers zéro.
Dn = Dn-1 + 1/4 Hn-1
Rn = Rn-1 + 1/4 Hn-1
--> à l'équilibre en autofécondation: Deq = Do + 1/2
Ho; Heq = 0; Req = Ro + 1/2 Ho
Etant sous HW en Go, Do = p2; Ho = 2pq; Ro = q2
--> Deq = p2 + 1/2 2pq =
p2 + pq = p (p +q) = p; de même pour Req -->
Fréquences génotypiques à l'équilibre:
Deq = p
Heq = 0
Req = q
V- GENERALISATION
| Génotypes | cas général | panmixie | autofécondation |
| | 0 <= F <= 1 | F=0 | F=1 |
| | allozygotie + autozygotie | | |
| AA | p2(1-F) + pF | p2 | p |
| Aa | 2pq(1-F) | 2pq | 0 |
| aa | q2(1-F) + qF | q2 | q |
Ainsi, toute population (et donc entre autre une population consanguine) va
évoluer comme si:
une fraction (1-F) évoluait en panmixie
une fraction F évoluait en autofécondation
F étant le coefficient de consanguinité moyen de la population.
F=0 en panmixie, F=1 en autofécondation
Les fréquences génotypiques à l'équilibre
seront:
F(AA)eq = p2(1 - F) + pF = p2 - p2F + pF =
p2 + Fp (1 - p) = p2 + Fpq; de même pour F(aa);
ainsi:
V-1. FREQUENCES GENOTYPIQUES A l'EQUILIBRE
FORMULE:
F(AA)eq = p2 + Fpq
F(Aa)eq = 2pq(1 - F)
F(aa)eq = q2 + Fpq
FORMULE
Le risque pour un sujet consanguin d'être homozygote pour
l'allèle a est: F(aa) = q2 + Fpq
Une autre démonstration des relations F(AA) = p2 + Fpq,
F(Aa) = 2pq(1 - F), et F(aa) = q2 + Fpq est donnée dans:
Constitution Génétique des Populations
Consanguines
Les fréquences allèliques sont elles modifiées?
F(A) = D + H/2 = p2 + Fpq + 2pq(1 - F)/2 = p2 + Fpq + pq
- Fpq = p2 + pq = p(p + q) = p --> invariant; donc:
V-2. PROPRIETES de la CONSANGUINITE
La consanguinité:
modifie les fréquences génotypiques.
On observe un accroissement de la fréquence des homozygotes et une
diminution de celle des
hétérozygotes.
ne modifie pas les fréquences allèliques
VI- POPULATION HUMAINE
Il est usuel dans la population humaine qu'il y aient plusieurs ancêtres
communs (ex ci dessous: AH et AF ancêtres homme et femme, parents des GP
1 et 2). En pratique, on simplifie la formule en:
FORMULE CcI = S(1/2)p+m+1
Exemple: Parents cousins germains: p=2; m=2; S est la somme
de 2 termes, puisqu'il y a 2 possibilités d'avoir des allèles
identiques: par AH et par AF (soit 2 ancêtres communs); donc,
Réponse: Fi = (1/2)2+2+1 + (1/2)2+2+1
= 1/16

Figure 2
VII-1. CONSEIL GENETIQUE
Pour un allèle muté délétère (rare par
définition) autosomique récessif de fréquence q, le risque
pour un enfant consanguin d'être homozygote pour cet allèle
est: q x Cc alors qu'il est de q2 pour les enfants de
parents non consanguins.
Note: la formule exacte q2+ pqCc est remplacée par
l'approximation: q x Cc. Celle ci est pertinente en Génétique
humaine (conseil génétique) quand/parce que q est très
petit.
Exercice 1: Parents cousins germains; pour un gène muté à
transmission autosomique récessif de fréquence q = 1/100 (exemple
de la phenylcétonurie, l'une des maladies autosomique récessive
les plus fréquentes) : quel est le risque dans la population
générale? quel est le risque pour I d'être atteint?
Réponse:
pour la population générale: q 2 = 1/10 000
pour I, il est, par la formule: q x Cc = 1/100 x 1/16 = 1/1
600
Note: le risque d'une maladie autosomique récessive chez l'individu
I, par rapport à la population générale, est accru du
facteur: q x Cc / q 2 = Cc / q ici = 6.25 (et, si l'on utilise
la formule exacte (q2+ pqCc) / q 2 = 7.19)
Exercice 2: même exercice, mais pour une fréquence
q = 1/10 000 du gène muté.br>
Réponse:
pour la population générale: q 2 = 1/100 000 000
pour I, il est, par la formule: q x Cc = 1/10 000 x 1/16 = 1/160
000
le risque chez l'individu I par rapport à la population
générale, est accru du facteur Cc / q ici = 625 et, si l'on
utilise la formule exacte q2+ pqCc / q 2 = 626 (plus l'allele est rare, plus l approximation q x Cc est bonne).
VIII- ALLELE RARE - ALLELE FREQUENT
VIII-1. EXERCICE
soit le gène A dont l'allèle récessif a a une
fréqence F(a) = q = 0.5,
soit le gène B dont l'allèle récessif b a une
fréqence F(b) = q = 0.0001, fréquence assez classique pour un
allèle morbide,
calculez pour chacun de ces deux gènes
la-fréquence-des/le-risque-d'-être homozygote(s)
récessif(s)
- sous Hardy-Weinberg (HW)
- pour un enfant consanguin de parents cousins germains
- comparez
Réponse:
- sous HW:
- F(aa) = q2 = (0.5)2 = 0.25
- F(bb) = q2 = (0.0001)2 = (10-4)2 =
10-8
- pour un enfant consanguin de parents cousins germains:
- S(1/2)p+m+1= (1/2)5 + (1/2)5 =
(1/2)4 = 0.0625
- F(aa) = q2 + Fpq = (0.5)2 + 0.0625 X 0.5 X 0.5 =
0.2656
- F(bb) = q2 + Fpq = (10-4)2 + 0.0625 X 1 X
10-4 = (1 + 625)10-8 = 626 X 10-8
- comparaison: l'augmentation de la fréquence (du risque)
d'homozygotie due à la consanguinité sera
F(consang.)/F(sous HW), c'est à dire:
- pour l'allèle fréquent: 0.26256 / 0.25 = 1.06 augmentation
faible
- pour l'allèle morbide rare: 626 X 10-8/10-8 =
626 !!!
VIII-2. CONSEQUENCES PRATIQUES
En d'autre termes, l'augmentation est: (q2 + Fpq)/q2 =
1 + Fp/q
- quand p = q: --> = 1 + F @ 1
- quand q rare, p S 1 --> = 1 + F/q @ F/q, avec
Fmax = 0.25 (inceste), F souvent de l'ordre de 1 à 5 X 10-2
et q = 10-3 ou 10-4, donc un risque augmenté d'un
facteur 10 à 103, ce qui est
généralement le cas pour les maladies récessives. Les
isolats, à forte consanguinité, permettent l'émergeance
de maladies exceptionnelles.
IX- CONSANGUINITE - HETEROZYGOTIE - LIGNEE ISOGENETIQUE
- Au niveau de l'espèce humaine, le pourcentage de loci
hétérozygotes, calculé en polymorphisme enzymatique a
comme valeur H = 0,067. On peut considérer qu'il y a 30000 gènes
de structure, et par conséquent 2010 gènes à l'état
hétérozygote dans le génome humain (30000 x 0,067 =
2010).
Si un individu provient d'un croisement oncle - nièce:
- cet individu serait plus "homogène" que ses parents, car plus
consanguin,
- le pourcentage de ses gènes hétérozygotes passera de
2010 à 1759 gènes (2010 x 7/8) puisque Fi = 1/8 (1/8 de
gènes identiques par la consanguinité).
Conséquences: Si on fait des croisements consanguins réguliers
(exemple de croisement frère - soeur chez la souris), à chaque
génération :
--> Fi tend vers la valeur 1,
--> les individus vont devenir totalement homozygotes.
A l'intérieur de chaque famille, tous les individus seront identiques au
sens génétique du terme.
- exactement le même génome
- exactement les mêmes gènes.
Ceci conduit à la notion de lignée isogénétique.
X- SYSTEME MULTIALLELIQUE
- Les fréquences génotypiques à l'équilibre
seront, pour tout homozygote AiAi et tout hétérozygote AiAj:
F(AiAi) = pi2(1 - F) + piF
F(AiAj) = 2pipj(1 - F)
X-1. EXERCICE: CONSANGUINITE POUR UN LOCUS ET TROIS ALLELES
Dans une population d'une espèce diploïde à sexes
séparés et à générations
séparées, on s'intéresse à un locus autosomal
triallélique (trois états alléliques possibles : A1, A2 et
A3).
On observe un échantillon de 400 individus. Les effectifs des divers
génotypes sont les suivants :
| A1A1 | A1A2 | A1A3 | A2A2 | A2A3 | A3A3 |
| 32 | 36 | 60 | 57 | 90 | 125 |
- Estimer les fréquences alléliques.
- Peut-on considérer qu'on a les proportions de la panmixie dans
l'échantillon?
- Sachant qu'il n'y a ni sélection, ni mutation, ni migration, ni
dérive (grande population), la consanguinité peut-elle expliquer
l'écart ? Quelles sont alors les proportions théoriques des
divers génotypes sachant que le coefficient moyen de
consanguinité est F ?
- Estimer la valeur de F d'après les proportions de
l'échantillon.
Réponse:
- Les fréquences alléliques sont estimées par
dénombrement d'allèles. D'où, pour l'allèle A1 par
exemple:
fréquence de A1 = ((2 x 32) + 36 + 60) / (2 x 400) = 0,20 = p
de même: fréquence de A2= 0,30 = q ; fréquence de A3 =
0,50 = r
- Les proportions de la panmixie sont en fait celles données par la loi
de Hardy-Weinberg.
a) Fréquences théoriques des génotypes d'après la
loi de Hardy-Weinberg
| A1A1 : | p2 = 0,202 | A1A2 : | 2 pq = 2 x 0,20 x 0,30 |
| A2A2 : | q2 = 0,302 | A1A3 : | 2 pr = 2 x 0,20 x 0,50 |
| A3A3 : | r2 = 0,502 | A2A3 : | 2 qr = 2 x 0,30 x 0,50 |
avec p, q, r : les fréquences respectives des allèles A1, A2 et
A3.
b) Effectifs théoriques
| A1A1 : | 0,202 x 400 =16 | A1A2 : | 48 |
| A2A2 : | 36 | A1A3 : | 80 |
| A3A3 : | 100 | A2A3 : | 100 |
c) Comparaison des effectifs théoriques aux effectifs observés
par un test chi deux de conformité
c2 = (32 - 16)2/16 + ....... + (125 - 120)2/100 = 50
dd1 = 6 - 2 - 1 = 3 ; au seuil de 5%, le [[chi]]2 calculé est
supérieur à celui de la table (7,815) il est donc hautement
significatif. Par conséquence les proportions des génotypes ne
sont pas conformes à celles de la loi de Hardy-Weinberg, on peut rejeter
l'hypothèse de la panmixie.
- La consanguinité a pour effet d'augmenter la fréquence des
homozygotes et de diminuer celle des hétérozygotes, par rapport
aux proportions données par la loi de Hardy-Weinberg. C'est
effectivement ce que l'on constate. Par conséquent, la
consanguinité peut expliquer les écarts significatifs entre les
effectifs observés et théoriques précédents.
Pour l'ensemble de la population, les fréquences théoriques des
génotypes sont:
| A1A1 : (1 - F) p2 + Fp | A1A2 : 2 pq (1 - F)
| A2A2 : (1 - F) q2 + Fq | A1A3 : 2 pr (1 - F)
| A3A3 : (1 - F) r2 + Fr | A2A3 : 2 qr (1 - F)
- La fréquence des A1A2 permet tout simplement de calculer F:
fréquence des A1A2 = 2 pq (1 - F)
36/400 = 2 x 0,20 x 0,30 (1 - F) donc 1 - F = 0,75
F = 0,25
Contributeurs:
Robert Kalmes, Jean-Loup Huret.
| Written | 06-2002 | Robert Kalmes, Jean-Loup Huret |
| | |
| This paper should be referenced as such : |
Kalmes R, Huret JL . Consanguinité. Atlas Genet Cytogenet Oncol Haematol. June 2002 . URL : http://AtlasGeneticsOncology.org/Educ/ConsangFr.html |
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© Atlas of Genetics and Cytogenetics in Oncology and Haematology | indexed on : Fri Jan 22 20:07:01 CET 2010
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